Les corporations en soutien de pôle emploi?

Panne d’imagination

Notre président veut inverser la courbe du chômage. Pourtant les mesures mises en place brillent par leur inefficacité. On a droit depuis plus de 30 ans aux mêmes vieilles recettes : les emplois aidés, le recrutement de fonctionnaires…

« Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé » disait François Mitterrand. Malheureusement nos dirigeants actuels élevés dans cette idée semblent à leur tour manquer cruellement d’imagination. Et à part espérer un retour de la croissance en Europe, on les sent bien inactifs. Il y a pourtant encore bien d’autres pistes à exploiter!

Parmi elles, une idée simple mais intéressante m’a été soufflée par mon meilleur ami.

Les conseillers qui reçoivent chaque mois des milliers de demandeurs d’emplois supplémentaires ne peuvent pas connaitre les centaines de formations, les différences qui existent au sein d’une même spécialité et orienter correctement les chômeurs.

J’imagine sans mal la perplexité du conseiller Pôle emploi qui voit arriver un informaticien connaissant les bases SQL, le PHP, le Java,… Doit-il l’orienter vers ce poste vacant de chef de projet informatique orienté objet? Plus d’un y perdrait son latin!

Je n’irai donc pas cautionner la démarche de ces demandeurs d’emplois qui attaquent en justice l’institution mais le constat est clair, ils ne parviennent pas à remplir une partie de la mission qui leur est assignée.

Alors comment faire ? On se résout à cette inefficacité ? On laisse les choses telles qu’elles sont ?

Et bien non ! Pourtant, c’est une idée basée sur quelque chose encore plus ancien que les emplois aidés dont il s’agit.

En effet qui connait le mieux les différents métiers exercés dans la santé, le BTP, la logistique, l’informatique,… que les acteurs de ces secteurs eux-mêmes ?

Le retour des corporations

L’idée serait de revenir à des groupements professionnels, proche des corporations dans leur esprit, mais dont le premier but serait d’organiser la formation et l’emploi au sein des métiers qu’ils représentent.

Pôle emploi perdurerait pour centraliser, comptabiliser et indemniser les demandeurs d’emplois qui seraient orientés dès leur inscription vers la corporation correspondant à leur domaine de compétence ou leur choix de reconversion.

Ces corporations professionnelles pourraient ainsi travailler avec les écoles et les universités pour améliorer la formation des jeunes mais aussi agiraient dans le cadre de la formation continue.

Elles pourraient également agir de conserve avec le ministère de l’industrie pour aider certaines filières laissées en jachère malgré des ressources naturelles importantes comme la filière bois.

Par contre, les travers qu’on pouvait trouver au sein de telles organisations avant la loi le Chapelier n’auront pas leur place dans cette organisation. Pas question de mettre des barrières à l’entrée ou des lois internes qui se substituent aux lois de la République !

On entend chaque jour que des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus en France.

Sans audace ni imagination, on va se contenter de soupirer en regrettant les 30 glorieuses. Les temps ont changé, il faut tester de nouveaux outils, de nouvelles idées.

L’idée des corporations ne résoudra pas tout, mais elle peut améliorer grandement la mise en relation des employeurs et des demandeurs d’emploi.

Les périodes de grandes crises peuvent être des opportunités pour tester des changements profonds. S’ils ne se produisent pas rapidement, il y a fort à parier que les Français en provoqueront lors des prochaines élections. Et je ne suis pas sûr que ces changements-là soient bénéfiques pour notre pays.

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